
La chirurgie réfractive laser connaît depuis plusieurs années des évolutions technologiques majeures. LASIK, SMILE Pro, TransPKR : ces différentes techniques permettent aujourd’hui de corriger de nombreux défauts visuels, notamment la myopie et l’astigmatisme, afin de réduire la dépendance aux lunettes et aux lentilles de contact.
Mais une question revient très fréquemment lors de mes consultations : quelle est la meilleure technique de chirurgie réfractive ?
À l’occasion du congrès européen de l’ESCRS 2026, organisé à Londres, plusieurs études scientifiques comparant directement les techniques de correction visuelle au laser ont été présentées. Le 28 septembre 2026, l’European Society of Cataract and Refractive Surgeons (ESCRS) est revenue sur ces travaux dans une publication particulièrement intéressante.
Les conclusions confirment un principe essentiel : les différentes techniques présentent globalement d’excellents profils de sécurité et d’efficacité chez les patients correctement sélectionnés, mais certaines innovations pourraient permettre d’améliorer encore la précision des résultats visuels.
LASIK, SMILE Pro et TransPKR : trois techniques pour corriger la vision
La chirurgie réfractive consiste à modifier la forme de la cornée afin de corriger les défauts de réfraction de l’œil.
Aujourd’hui, trois grandes familles de techniques laser sont couramment utilisées.
Le LASIK repose sur la création d’un fin volet cornéen à l’aide d’un laser femtoseconde puis sur un remodelage de la cornée par laser excimer. Il présente notamment l’avantage d’une récupération visuelle généralement très rapide et permet d’utiliser différents profils de traitement personnalisés.
Le SMILE Pro, réalisé avec le laser femtoseconde ZEISS VisuMax 800, consiste à créer un petit lenticule à l’intérieur de la cornée, qui est ensuite retiré par une micro-incision. Cette technique ne nécessite pas de volet cornéen et constitue une évolution importante de la chirurgie réfractive lenticulaire.
La TransPKR, ou photokératectomie réfractive transépithéliale, est une technique de surface réalisée au laser excimer, sans création de volet cornéen. Elle peut être particulièrement intéressante pour certains profils cornéens, même si la récupération visuelle est généralement plus progressive et les premiers jours postopératoires moins confortables.
Ces trois techniques ont chacune leurs avantages et leurs indications. L’ESCRS rappelle d’ailleurs que leurs résultats visuels finaux sont globalement comparables chez les patients éligibles, malgré des différences de récupération et de confort postopératoire.
Que révèlent les dernières études présentées à l’ESCRS 2026 ?
Lors du Global Refractive Summit, le Dr Edward Manche a présenté une analyse de plusieurs études cliniques prospectives et randomisées comparant différentes techniques de chirurgie réfractive.
L’intérêt de ces études est de comparer les traitements dans des conditions scientifiques rigoureuses, parfois en opérant un œil avec une technique et l’autre œil avec une méthode différente chez un même patient.
Les résultats montrent que toutes les techniques étudiées peuvent être sûres et efficaces, mais que certaines différences existent en matière d’acuité visuelle, de correction de l’astigmatisme et de précision réfractive.
L’une des conclusions les plus intéressantes concerne les traitements LASIK personnalisés, notamment ceux utilisant une technologie appelée ray tracing.
Dans deux études comparatives évoquées lors du congrès, le LASIK guidé par raytracing a obtenu de meilleurs résultats que le SMILE Pro sur certains critères visuels, notamment l’obtention d’acuités visuelles particulièrement élevées et la précision de la correction de l’astigmatisme.
Ces résultats sont prometteurs, mais doivent être interprétés avec prudence : ils concernent des plateformes et des protocoles spécifiques et ne démontrent pas que tous les LASIK sont supérieurs au SMILE Pro. Des études complémentaires et un recul plus important restent nécessaires.
Le ray tracing : une nouvelle étape vers une chirurgie réfractive toujours plus personnalisée
Le ray tracing, ou traçage de rayons lumineux, constitue l’une des innovations les plus intéressantes de ces dernières années en chirurgie réfractive.
Contrairement à une correction fondée principalement sur la mesure classique du défaut visuel, cette techlonogie utilise une modélisation optique plus complète de l’œil afin de calculer un traitement personnalisé.
L’objectif est d’optimiser non seulement la correction de la myopie et de l’astigmatisme, mais également certains paramètres de qualité optique.
Les premiers résultats cliniques sont encourageants, notamment en matière de précision réfractive et d’acuité visuelle non corrigée.
Pour autant, il ne faut pas confondre innovation technologique et supériorité systématique. Le bénéfice réel d’une nouvelle méthode doit toujours être confirmé par des études indépendantes, un suivi suffisamment long et une analyse de ses résultats selon les profils de patients.
C’est précisément tout l’intérêt des congrès scientifiques internationaux comme l’ESCRS : confronter les innovations aux données cliniques avant de déterminer leur place dans notre pratique quotidienne.
Alors, faut-il choisir le LASIK, le SMILE Pro ou la TransPKR ?
En pratique, il n’existe pas une seule technique qui soit la meilleure pour tous les patients.
Le choix dépend de nombreux paramètres : importance de la myopie ou de l’astigmatisme, épaisseur et topographie cornéennes, état de la surface oculaire, âge, stabilité de la correction, habitudes de vie et attentes visuelles.
Par exemple, un LASIK peut être particulièrement intéressant lorsqu’une récupération visuelle rapide et un traitement personnalisé sont recherchés. Le SMILE Pro peut présenter des avantages liés à l’absence de volet cornéen. La TransPKR peut être privilégiée dans certaines situations où une chirurgie de surface est préférée.
Il est également essentiel de rappeler que ces interventions comportent des risques, même s’ils sont peu fréquents chez les patients correctement sélectionnés : sécheresse oculaire, halos, sous-correction ou surcorrection, et plus rarement complications cornéennes.
C’est pourquoi le bilan préopératoire de chirurgie réfractive est une étape fondamentale. Il permet de déterminer non seulement la technique la plus adaptée, mais aussi de vérifier qu’une intervention peut être proposée dans de bonnes conditions de sécurité.
Une veille scientifique permanente au service de mes patients à Lyon et Aix-les-Bains
En tant que chirurgien ophtalmologiste spécialisé en chirurgie réfractive, je considère qu’il est indispensable de suivre régulièrement les avancées scientifiques et technologiques de notre spécialité.
Ma participation au congrès de l’ESCRS 2026 à Londres s’inscrit pleinement dans cette démarche.
Au sein de nos deux centres de chirurgie réfractive, l’Institut Lyonnais de Laser Ophtalmologique (LYLO) à Lyon et le Centre Laser Vision des Grands Lacs à Aix-les-Bains, nous disposons notamment du laser femtoseconde ZEISS VisuMax 800 et de plateformes laser excimer permettant de proposer différentes techniques de correction visuelle.
Cette complémentarité est essentielle : elle permet de choisir une stratégie chirurgicale adaptée aux caractéristiques de chaque œil plutôt que de privilégier systématiquement une seule technologie.
Les dernières publications de l’ESCRS confirment ainsi une conviction qui guide ma pratique quotidienne : la meilleure chirurgie réfractive n’est pas nécessairement la plus récente, mais celle qui offre le meilleur équilibre entre efficacité, sécurité et besoins individuels du patient.
Conclusion : la chirurgie réfractive continue d’évoluer en 2026
Les études présentées à l’ESCRS 2026 montrent que la chirurgie réfractive laser entre dans une nouvelle phase depersonnalisation, avec des technologies toujours plus précises et des résultats visuels qui continuent de progresser.
Le LASIK, le SMILE Pro et la TransPKR restent des techniques de référence, dont les indications doivent être adaptées à chaque patient.
Pour les personnes souhaitant se libérer de leurs lunettes ou lentilles, l’essentiel reste donc de bénéficier d’un bilan préopératoire complet et d’une information claire sur les bénéfices et les limites de chaque technique.
Dr Mauricio Pinto – Chirurgien ophtalmologiste spécialisé en chirurgie réfractive à Lyon, Aix-les-Bains et Annecy.


